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La réforme s’annonce structurante pour les organismes de formation

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Les organismes de formation doivent se préparer à d’importants changements dans les prochaines années. La volonté du gouvernement de rendre la formation professionnelle plus accessible aux individus va les amener à modifier leurs pratiques et leur modèle économique. Lors de la quatrième matinée du cycle « Dessine-moi la réforme », jeudi 29 mars, les juristes-consultants de Centre Inffo ont fait un tour d’horizon des transformations à venir.

L’alimentation du compte personnel de formation (CPF) en euros et non plus en heures va avoir, par ricochets, des incidences importantes sur les organismes de formation. Un individu va pouvoir acheter directement sa formation, la facture sera réglée par un tiers-payant qui sera la Caisse des dépôts et consignations. Cette logique conduira les organismes de formation à modifier leurs prestations.

Aujourd’hui, l’offre est en majorité structurée autour de formation en groupes d’une durée identique pour tous les stagiaires. « Si on continue à raisonner en durée, ce sera difficile d’appréhender le marché du CPF demain », note Fouzi Fethi, juriste-consultant de Centre Inffo.

Nouveaux modèles économiques

Demain, les particuliers disposeront d’un capital qu’ils pourront utiliser de manière autonome. Pour répondre à leurs attentes, les organismes seront sans doute amenés à repenser leur offre autour de parcours individualisés, d’offres modularisées, voire de formations au forfait. Certains prestataires ont déjà amorcé le virage. Ils proposent des formations en ligne par abonnement, préparant à des certifications, et s’engagent sur des résultats en termes d’insertion.

La possibilité d’accéder aux formations via une application mobile induira une amélioration de la lisibilité de l’offre. Les organismes de formation doivent donc s’attendre à rendre des comptes sur les résultats de leurs prestations et à se faire évaluer par les stagiaires.

Exigences de qualité

La régulation du marché se fera par la qualité, une mission qui sera confiée à l’agence France Compétences. Avec 49 certifications et labels recensés, le système actuel s’avère peu lisible pour le grand public. À l’avenir, le marché s’organisera-t-il autour d’une certification unique ? Le député Sylvain Maillard, l’invité de cette matinée, se dit favorable à un système calqué sur la norme ISO.

Le marché des organismes de formation sera-t-il à l’avenir davantage régulé du point de vue de la réglementation ? « À ce stade, nous n’avons pas d’indice en ce sens : la déclaration d’activité reste le sésame pour entrer sur le marché », observe Jean-Philippe Cépède, directeur du pôle juridique de Centre Inffo. Mais les filtres seront plus nombreux et les exigences plus importantes, selon lui. Déclaration d’activité, formations conduisant à une certification, démarche qualité, informations sur les résultats, évaluation par les stagiaires : autant d’ingrédients qui induiront des chantiers et feront émerger de nouvelles pratiques.

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