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Les compétences comportementales priment aux yeux des recruteurs

competences comportementales

L’importance que prennent aujourd’hui les compétences transversales et comportementales sur le marché de l’emploi change la donne en matière de recrutement et de formation. Un constat dressé par les acteurs qui intervenaient lors de la 3ème édition des Rencontres de l’emploi, organisée mercredi 28 mars à Paris par Pôle emploi.

Près de 60 % des employeurs qui ont recruté en 2016 jugent le diplôme des candidats secondaire. Ce qui prime à leurs yeux, selon une étude réalisée pour Pôle Emploi, c’est l’expérience professionnelle et les qualités comportementales (autonomie, travail en équipe, sens de la relation clients, etc.). Et six recruteurs sur dix estiment que ces compétences comportementales sont plus importantes que les compétences techniques.

Ces chiffres livrés en introduction des 3ème Rencontres de l’emploi montrent l’étendue des évolutions à l’œuvre en matière de recrutement. En témoignent aussi les nouvelles pratiques des employeurs intervenant lors de cette matinée d’échanges. « Pour l’ouverture d’un nouveau magasin à Paris, nous avons recruté sans ouvrir un seul CV », explique Estelle Roquette, responsable talent sourcing de l’enseigne Leroy Merlin. Une première sélection de candidats s’est faite par visio-conférence. Elle a été suivie d’une session collective de recrutement pour évaluer comment les candidats interagissaient entre eux et comment ils envisageaient leur rôle dans l’entreprise.

Valoriser les compétences

Dans ce contexte, la question de l’identification et de la valorisation des compétences transversales et comportementales devient cruciale pour les candidats. Une problématique sur laquelle se penchent de nouveaux acteurs tels que la société Mindmatcher fondée en 2012. Développée en partenariat avec Pôle emploi, sa plate-forme permet, à partir d’une cartographie des savoir-faire et des savoir-être, de mettre en relation les « offreurs de compétences » et les « demandeurs de compétences ». Dans cette logique, Pôle emploi va lancer au second semestre de nouveaux outils pour valoriser les savoir-être professionnels avec pour objectifs d’accompagner 20 000 personnes en 2018 et 80 000 l’an prochain, explique Karine Meininger, directrice en charge de l’offre de service au sein de Pôle emploi.

La logique des compétences comportementales bouscule aussi les pratiques des employeurs. Mises en situation et outils de simulation font leur apparition dans les processus de recrutement. Ce changement d’approche nécessite aussi de mobiliser les managers afin d’identifier les besoins en compétences et de bâtir de nouveaux référentiels, comme l’explique Bénédicte Ravache, secrétaire générale de l’Association nationale des DRH (ANDRH).

L’approche compétences, levier d’inclusion

L’émergence de nouveaux critères de recrutement représente une « opportunité pour les personnes éloignées de l’emploi », constate Pierre-André Foix, directeur du cabinet BRH Conseil. C’est une des logiques du plan d’investissement dans les compétences lancé par le gouvernement cet automne. Il vise à former un million de personnes peu qualifiées et un million de jeunes en cinq ans. « L’approche par compétences est un formidable moyen d’inclusion », selon Estelle Sauvat, haut commissaire à la transformation des compétences. Elle permet de « miser sur des personnes qui n’ont jamais été formées ou qui n’ont jamais exercé et dont les compétences sociales vont être un levier pour obtenir un futur poste. »

Dans ce contexte, le secteur de la formation doit lui aussi évoluer. « Notre enjeu et de former par tous les vecteurs », a souligné Estelle Sauvat, invitant les organismes de formation à repenser leurs méthodes pédagogiques.

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