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Le compte personnel de formation en euros, « plus simple à appréhender » (Stéphane Lardy, directeur adjoint du cabinet de la ministre du Travail)

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La réforme de la formation est dans la continuité des évolutions récentes, a déclaré Stéphane Lardy, directeur adjoint du cabinet de la ministre du Travail, le 22 mars lors de la matinée de l’Association française pour la réflexion et l’échange sur la formation (Afref) consacrée au compte personnel de formation.

Du Dif au compte personnel de formation, la logique est celle d’une «  longue avancée des droits personnels, de la capacité des individus à être acteurs de leur formation ». Certes, le projet de loi, examiné en conseil des ministres le 25 avril, introduit quelques « ruptures » comme la désintermédiation ou la fin des listes jugées trop « confusionnantes » par les salariés et les partenaires sociaux.

Le CPF conservera un objectif de professionnalisation et de certification, assure Stéphane Lardy, qui annonce un important chantier de révision des certifications inscrites au RNCP et de meilleure régulation par la CNCP des certifications privées. Du temps sera également nécessaire pour que la Caisse des dépôts et consignation, la nouvelle « banque » du CPF, soit en capacité de payer les organismes de formation.

Révolution culturelle

Outre les sujets liés à l’opérationnalité de la réforme, la loi insuffle un changement culturel, pour le directeur-adjoint de cabinet, avec la capacité des individus à choisir librement leur formation, qui se déroulera de plus en plus hors du temps de travail. Ces évolutions vont de pair avec la digitalisation de l’économie et de l’offre de formation et induisent la monétisation du CPF : le compte personnel en euros sera plus « simple à appréhender ». Enfin, pour renforcer la « capabilité » des individus, le conseil en évolution professionnelle (CEP) sera renforcé, simplifié (2 niveaux au lieu de 3) et mieux financé.

Des questions…

Selon les données présentées par Cindy Balmat de la Dares, la montée en puissance du CPF est une réalité, même si « doter les individus ne suffit pas à leur offrir la capacité d’agir ».

Mathilde Bourdat, responsable des formations pour les formateurs à la Cegos (cf. son blog) relève que l’accompagnement des entreprises a été déterminant pour le recours au CPF, ce qu’a montré le rapport de l’Igas paru en 2017. Selon le baromètre réalisé par l’organisme de formation, 46 % des personnes interrogées pensent que le CPF est soutenu par l’entreprise et 65 % que la formation relève d’une responsabilité partagée. Ce qui soulève la question de l’autodétermination et de la capacité à se repérer dans l’offre de certifications et de formations.

CPF nouveau Dif ?

Plus problématique encore, la monétisation du compte : en partant de situation réelle, Mathilde Bourdat estime que dix ans d’acquisition seront nécessaires pour devenir formateur (avec 1 140 euros à débourser), contre 3,5 ans aujourd’hui (et un financement possible par les Opca). Un projet professionnel ne se construisant pas en dix ans, la question du financement reste prégnante. Il existe donc une crainte que le CPF se substitue au Dif et que s’il est acteur de sa formation, l’individu ne puisse en devenir l’auteur, selon les mots de conclusion de René Bagorski, président de l’Afref.

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